Retour à l'accueil HISTOIRE DU PEUPLE KAREN  
 
     
 
Originaires de Mongolie, les Karens arrivent en Birmanie à l'issue d'une longue migration de deux mille ans.

Arrivés au YUNNUN au Nord de la Birmanie, ils découvrent les grands fleuves qui s'élancent à travers les derniers contreforts de la chaîne himalayenne. Premiers habitants des vastes plaines du nord de la Birmanie situées à l'estuaire des fleuves Irrawaddy et Salween, ils se fixent en 730 avant J.-C. et vivent en paix deux siècles jusqu'à l'arrivée des Birmans.

D'origine Indo-Tibétaine, les Birmans envahissent les terres occupées par les Karens qui sont contraints de se réfugier dans les montagnes bordant la frontière avec le Siam.

Les Karens se convertissent au 19ème siècle au christianisme, rencontrant alors l'hostilité des Birmans.

HISTOIRE CONTEMPORAINE

· Au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors que les Birmans collaborent avec les Japonais, les Karens restent fidèles à la Grande Bretagne et créent des maquis anti-nippons.

· En 1942 "l'armée d'indépendance birmane", à la solde de l’occupant japonais, commet ses premières exactions. Accusant à tort les Karens d'être des espions anglais, les Birmans pillent et violent dans les villages Karens.

· En 1947 l'Angleterre quitte la Birmanie sans accorder l'indépendance aux Karens.

Le premier responsable politique de la Birmanie indépendante, le général Aung San (père d'Aung San Suu Kyi) propose une constitution respectant le droit des minorités et obtient le ralliement des Karens. Cette constitution, issue des accords de Panglong prévoit "qu'après une période de dix ans, chacun des groupes ethniques de la fédération sera en droit de se séparer de l'union et de reprendre sa totale indépendance."

· En avril 1947 des élections consacrent la légitimité du général Aung San et de cette constitution. Aung San est assassiné avec six de ses ministres le 19 juillet de la même année.

Le nouveau régime dirigé par U Nu plonge rapidement le pays dans le chaos, et renforce les pouvoirs de l'armée.

Les Karens organisent des manifestations pacifiques pour affirmer leur volonté d'indépendance et le respect des accords de Panglong, elles sont toutes violemment réprimées.

En réaction, ils créent leurs propres forces de défense et prennent le contrôle de leur Etat.

· Le 25 décembre 1948 des soldats birmans massacrent 200 civils Karens qui célèbrent la messe de Noël dans plusieurs villages des districts de Tavoy et Maubin. Cette politique de la terreur, pratiquée par les Birmans afin de s'assurer le contrôle de l'état Karen, se traduit par une nouvelle série d'arrestations arbitraires, d'assassinats, de viols et de pillages.

· Le 31 janvier 1949 la guerre éclate. En 111 jours de combats, et malgré une supériorité écrasante, les Birmans ne peuvent venir à bout de la valeur combative et de la détermination Karen. Alors, modifiant sa stratégie, le gouvernement birman feint d'engager des négociations, et profite du répit ainsi obtenu pour réorganiser ses troupes.

Les soldats Karens, ne pouvant défendre les villes et les plaines, se réfugient progressivement dans les montagnes d'où ils continuent à harceler les troupes de Rangoon.

· En 1950 les Karens créent leur propre état qu'ils nomment Kawthoolei, « le pays de la félicité ».

· Le 2 mars 1962 un coup d'Etat installe une dictature militaire baptisée «voie birmane vers le socialisme» . Toutes les négociations avec les ethnies sont rompues, les accords de Panglong dénoncés, les opposants au régime arrêtés. Progressivement, les minorités qui n'étaient pas encore entrées en conflit avec la Rangoon s'insurgent contre la junte (Mon, Karenni, Kachin, Chin, Arakan, Shan).

· En 1976 sur l'initiative du général Bo Mia, le président Karen, les minorités ethniques se regroupent et forment le National Democratic Front (N.D.F), fort d'une armée d'environ 30.000 hommes sur l'ensemble des fronts.

· En 1988 à Rangoon, une révolte étudiante appuyée par la population va transformer le paysage politique ; incapable d'endiguer la contestation qui gagne de nombreuses couches du peuple birman, la junte instaure la loi martiale.

Durant deux mois d'émeutes, trois mille personnes sont tuées dans une répression implacable qui vient à bout de la révolte. Persécutés, les opposants s'enfuient. Certains, constatant que la lutte armée est devenue le dernier recours, rejoignent le Kawthoolei et forment un régiment équipé et encadré par les Karens.

Aung San Suu Kyi (fille du général Aung San) porte-parole des opposants est placée en résidence surveillée en juillet 1989.

· En 1990, sous la pression de la communauté internationale qui a condamné unanimement la répression sanglante de 1988, la junte organise des élections. Le parti démocratique (National League for Democracy) dirigé par Aung San Suu Kyi obtient 80,8 % des suffrages, mais les militaires refusent de rendre le pouvoir et font interner les meneurs les plus actifs de l'opposition. Ceux qui parviennent à fuir se réfugient à Manerplaw, le quartier général Karen, ils formeront le N.C.G.U.B, gouvernement parallèle chargé de préparer l’alternance.

· En 1991 Aung San Suu Kyi obtient le prix Nobel de la paix pour sa lutte non-violente en faveur de la démocratie, mais aussi pour son souci de "réconcilier les régions et les ethnies fortement divisées de son pays".

Aung San Suu Kyi est à l'heure actuelle toujours en résidence surveillée à Rangoon.

· De décembre 1994 à janvier 1995, l'armée birmane mène une offensive contre les principaux centres de résistance karen et de l’ABSDF (Manerplaw, Dagwin, Nawta, Kawmoora-Wangha).

· Début 2000, le général Bo Mia, malade, est remplacé à la tête de la KNU par Saw Ba Thin Sein (décédé en mai 2008). En février 2008, on successeur, Pado Mahn Sha, est assassiné par des tueurs à la solde de la dictature birmane.

Depuis lors, la KNU est dirigée par Naw Zipporrah Sein.

Aujourd'hui encore, malgré une répression féroce, la KNU et son armée la KNLA continuent à s'opposer aux troupes birmanes qui occupent le Kawthoolei.