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Amitié Franco-Karen répond au rapport de Bernard Kouchner sur la présence de Total en Birmanie

   
   
"Ni les Karens ni les Birmans ne sont prêts à échanger leur liberté contre des boîtes de lait ou des médicaments. "
   
 
 

Aug San Suu Kyi déclare :

"La firme Total est devenue le principal soutien du système militaire birman".

   

Extrait du rapport Kouchner :

"Fallait-il répondre aux appels d'offre et installer ce gazoduc en Birmanie ? Je le crois. Sinon on fait un autre métier."

 
   
 


Pour 25.000 euros Bernard Kouchner vient d’apporter sa caution morale de « French Doctor » aux agissements du groupe pétrolier Total en Birmanie (Libération du 10 décembre).

Au terme d’une rapide incursion dans sept « villages modèles » du programme Yadana, le fondateur de MSF a pu constater une amélioration des conditions socio-économiques de la population. Il faut dire que cette amélioration ne concerne que les 23 villages du « corridor du gazoduc », soit environ 43 000 personnes.

Pas un mot sur les 5 millions de Karen victimes, entre autres, des persécutions de la junte birmane. Il y eut des « villages Potemkine » en Russie, il y a désormais des « villages Kouchner » en Birmanie.


Monsieur Kouchner n’ignore pas que le groupe pétrolier Total apporte de fait son soutien à l’une des dictatures les plus féroces de la planète. L’« engagement constructif » de Total permet en effet de remplir les caisses d’un Etat qui consacre 60% de son budget à l’entretien d’une armée employée à juguler toutes les formes d’opposition à la junte.

Madame Aug San Suu Kyi a déclaré que « la firme Total est devenue le principal soutien du système militaire birman ». Afin de permettre l’implantation de Total, l’armée birmane a nettoyé le corridor du gazoduc puis elle a assuré la protection du chantier Yadana. Si les relations de Total avec cette armée ne sont pas « contractuelles », comme se plaît à le souligner le groupe pétrolier, elles sont indéniablement complices et synergiques.


Victime d’un nettoyage ethnique impitoyable, le peuple Karen est condamné à la lutte armée pour assurer sa survie. Le rapport de Bernard Kouchner confirme, si besoin en était, l’instrumentalisation croissante de l’action humanitaire mise au service de stratégies militaires ou économiques.

Lorsque, au Kosovo, Régis Debray ne voit pas de ses propres yeux ce que décrit Bernard Kouchner pour justifier l’ingérence militaro humanitaire, il est aussitôt accusé de «révisionnisme en temps réel». Nous constatons que Bernard Kouchner ne voit pas ce que nous voyons quotidiennement non loin des villages modèles de Total.